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Le travail associatif n’est pas une mesure d’ajustement budgétaire

Prise de parole et action lors de la rencontre des associations féministes et féminines de la Ville et du Canton de Genève le 8 octobre 2026

Les comptes de l’Etat de Genève sont bénéficiaires chaque année depuis 2017, à l’exception de l’année 2020, année de pandémie. Cependant, année après année, budget après budget, le Conseil d’état renforce ses mesures d’austérité en présentant des budgets déficitaires qui coupent dans les prestations indispensables à la majorité de la population et particulièrement aux personnes les plus précaires. Parallèlement, la droite du Grand Conseil, fait passer des baisses d’impôts bénéficiant avant tout aux plus riches.

Comme beaucoup d’autres associations présentes ce matin dans cette salle, Viol-Secours sera directement impactée par ces mesures d’austérité puisqu’il est prévu une diminution de 4% de sa subvention dans le projet de budget 2027 du Conseil d’état.

Sur le papier, cela peut sembler dérisoire.

Dans la réalité, 4% de moins, ce sont des moyens indispensables en moins pour faire vivre une association.

Moins de moyens pour accueillir les personnes. Moins de moyens pour les aider, les accompagner, les écouter.

Moins de moyens pour sensibiliser, prévenir, former, créer, alerter, veiller, intervenir, combattre.

C’est du temps de travail.

C’est de la formation.

Ce sont des projets et des groupes de travail.

Ce sont des échanges, des rencontres, des collaborations, des réseaux.

C’est notre capacité d’action, c’est ce pourquoi nous sommes mandaté-e-x-s par l’Etat de Genève.

Et lorsque l’on lutte contre les violences sexistes et sexuelles, chaque réduction de moyens entraine des conséquences concrètes. Les besoins auxquels notre association répond ne disparaissent pas avec les coupes budgétaires.

Aujourd’hui, nous choisissons de rendre cette réalité visible.

À l’occasion de cette matinée de rencontre entre les associations féministes et féminines, Viol-Secours, à titre symbolique, quittera la réunion pendant les 8 dernières minutes, c’est-à-dire 4% de la réunion, car nous refusons que celleux qui luttent au quotidien contre les violences et les inégalités deviennent une variable d’ajustement budgétaire.

Les associations ne sont pas une dépense accessoire. Elles ne sont pas une réserve dans laquelle on peut venir chercher quelques millions lorsque les comptes publics se resserrent.

Le travail associatif et de terrain est indispensable et précieux.

Nous faisons appel à la force du collectif et invitons toutes les associations et personnes présentes ce matin à refuser de faire toujours plus avec toujours moins et à se lever et à quitter la salle avec nous tout à l’heure.

Ce matin, adressons un non ferme à l’austérité et à la violence étatique.