Stage de Yoga Nidra trauma informed
Adresse
Espace Santé Femmes* La Collective - Rue de Lyon 91 - 1203 Genève
Proposé par l’association Viol-Secours dans le cadre de ses groupes d’expression et animé par Clovis (Nathalie) Monbaron
Le Yoga Nidra trauma informed
Le Yoga Nidra est un état de relaxation profonde entre l’éveil et le sommeil. Dans sa version “trauma informed”, cette pratique est adaptée spécifiquement aux personnes ayant vécu des violences en mettant l’accent sur le choix, la sécurité et l’ancrage. La pratique du Yoga Nidra trauma informed est fondée sur des précautions spécifiques qui visent à éviter la re-traumatisation. Il s’agit d’une adaptation thérapeutique pour le système nerveux d’une technique puissante de relaxation. Le Yoga Nidra trauma informed ne vise pas à «guérir» le traumatisme directement, mais à créer des ressources internes pour mieux le traverser. ll repose sur le respect des limites, la transparence et la bienveillance.
OBJECTIFS
Restaurer un lien au corps,
Apaiser le système nerveux,
Permettre de reprendre son pouvoir,
Rétablir un sentiment de sécurité intérieure.
EN PRATIQUE
Sans pré-requis. Le Yoga Nidra se pratique allongé-e-x confortablement. Les séances sont guidées à la voix, en français. Il est conseillé de venir avec des vêtements confortables et une bouteille d’eau. Le reste du matériel (tapis, couverture, coussins) sera fourni sur place.
Ancrage culturel et positionnement de l’association Viol-Secours qui propose cette pratique dans le cadre de ses groupes d’expression
Avant de programmer ces ateliers de pratique du Yoga Nidra, nous avons ressenti au sein de l’association Viol-Secours le besoin de questionner ce que cela veut dire de proposer une pratique de Yoga Nidra dans un contexte occidental, ici à Genève et par des personnes blanches. Nous avons ouvert, à l’interne de l’association et avec l’animatrice, une discussion autour de l’ancrage culturel de cette pratique, des notions d’appropriation culturelle et de transmissions transnationales et transculturelles des pratiques de soins communautaires. Nous souhaitons partager ces réflexions avec notre public afin qu’elles nourrissent des échanges constructifs. C’est pourquoi nous avons rédigé ces quelques lignes. L’association reste disponible pour toute question ou remarque à ce sujet, l’envie est de construire un positionnement cohérent en résonnance avec une éthique féministe antiraciste.
En tant qu’organisation majoritairement blanche, il nous semble nécessaire de se positionner sur la question de l’appropriation culturelle et d’avoir une réflexivité sur nos pratiques.
Tout d’abord qu’est-ce que l’appropriation culturelle ?
On pourrait dire que c’est une utilisation, par une personne ou un groupe de personnes, d’éléments culturels (matériels ou immatériels) appartenant à une autre culture, généralement minorisée ou marginalisée, d’une manière qui est jugée offensante, abusive ou inappropriée. L’appropriation culturelle se fait toujours dans un contexte de domination, où l’on ne prend qu’un aspect d’une culture marginalisée sans en redistribuer les bénéfices (matériels et symboliques) aux personnes concernées et/ou on tait les problèmes structurels (racisme, homophobie, transphobie etc.) que rencontrent la/les communauté/s à laquelle on emprunte l’élément culturel. On bénéficie alors de l’apport culturel tout en le décontextualisant.
Un exemple d’appropriation culturelle : des grandes marques de haute-couture qui copient des motifs/textures/tissus issus de l’artisanat natif américain/autochtone sans les créditer, ni leur reverser de bénéfices financiers. Niant ainsi à la fois la propriété intellectuelle et l’héritage culturel/spirituel de ces éléments culturels, tout en perpétuant une forme de violence envers des communautés qui ont été victime d’un génocide, dont on a volé les terres et qui ont subi et subissent encore des fortes discriminations, du racisme et des violences de genre.
Ainsi, avant de se lancer dans l’organisation de stages de Yoga Nidra trauma informed, une de nos responsabilités est de situer la pratique du Yoga Nidra dans son contexte, parler de ses origines et de son histoire ainsi que des couches d’hybridation qui la traverse. En guise d’introduction, nous pouvons déjà mentionner qu’au XXe siècle, des maîtres yogi (swamis) indiens sont venus en occident apporter le Yoga, fonder des écoles, enseigner des textes et ces maîtres disent que le Yoga est un « bien universel », et veulent le faire circuler, le transmettre. Ils affirment que personne n’est propriétaire du yoga.
L’animatrice prendra un temps au début du cours pour faire connaître le Yoga Nidra en tant que pratique plurimillénaire, parler de son contexte d’origine et créditer la lignée d’où l’enseignement qu’elle pratique est issu. L’animatrice s’engage à expliciter les adaptations, les hybridations de la pratique du Yoga Nidra telle qu’elle l’a reçue, notamment l’aspect « trauma informed » qui est récent et issu d’un courant occidentalisé/occidental. Elle propose également aux participant-e-x-s de (re)connaître le(s) sens des éléments culturels sacrés qui sont mentionnés et de les partager avec respect et accessibilité.
La question de la transmission des valeurs au cœur du Yoga Nidra trauma informed est centrale : non-violence, reconnaissance, transparence, sincérité sollicitude, humilité et curiosité. Ainsi l’animatrice qui a reçu l’enseignement souhaite incarner une posture humble vis-à-vis de cette pratique et invite touxtes les participant-e-x-s à l’explorer personnellement. Sans prétendre détenir une vérité sur la pratique du Yoga Nidra trauma informed, l’animatrice souhaite partager les enseignements qu’elle a reçu tout en reconnaissant que sa position sociale conditionne sa façon de percevoir et transmettre cette pratique.
Ici à l’association Viol-Secours, nous comprenons les enseignements des maîtres yogis avec nos lunettes occidentales et nous pouvons les interpréter ainsi avec nos mots : le yoga n’est pas un bien/service que l’on peut vendre. Il ne peut avoir de valeur marchande. Mais il a une valeur d’usage, c’est-à-dire qui n’a de valeur que parce qu’on peut la pratiquer, et non l’accumuler et l’échanger contre de l’argent. Cette approche anticapitaliste s’ancre également dans une vision de la santé communautaire qui nous est chère ; c’est un bien commun, on ne peut donc pas la rendre rentable ou lucrative. Il nous semble donc que nous pouvons nous connecter avec les maîtres yogis sur une valeur commune : l’accès à la santé pour touxtes est un droit fondamental. C’est pourquoi l’association Viol-Secours choisi de garantir la gratuité pour les participant-e-x-s aux cours de Yoga Nidra trauma informed qui seront organisés.
Un autre point d’attention que nous souhaitons partager est le fait que ni l’association Viol-Secours, ni l’animatrice n’ont le monopole des connaissances sur les pratiques du yoga. D’ailleurs, on peut dire qu’il n’y a pas un yoga mais des yogas et il n’y a pas une lignée traditionnelle qui porterait un yoga pur. Il existe cependant des ersatz de yoga dévoyés par le capitalisme et qui pose des problèmes éthiques et politiques et sont des manifestations de la violence coloniale en s’appropriant une/des culture/s sans en reconnaître les origines et en capitalisant sur une pratique populaire, communautaire et/ou sacrée. Ainsi ni l’association ni l’animatrice ne prétendons connaître mieux le Yoga Nidra que les yogis ou les héritier-ère-x-s et apprenant-e-x-s d’écoles yogis.
En espérant que ces quelques lignes auront nourri des pistes de réflexions communes, l’association Viol-Secours est tout à fait ouverte et disponible à recevoir toute critique ou remarque à l’adresse : info@viol-secours.ch
Clovis (Nathalie) Monbaron
Ancienne permanente psychosociale à Viol-Secours, diplômée en Études genre, Clovis gravite dans les milieux de la danse et de l’éducation somatique depuis plus de 20 ans. Elle a fait une formation en danse et performance selon une approche somatique, en Yoga Nidra trauma informed, sur le système nerveux autonome (la physiologique du sentiment d’in/sécurité) et poursuit le travail de formation et d’accompagnement par les arts expressifs. Elle anime des ateliers de conscience et expression corporelle à Genève et des ateliers de mouvement et d’écriture sur la thématique de « Se faire justice après des VSS » à Marseille.
Instagram @ncm_clovis
Informations
Pour toutes questions, vous pouvez nous écrire à inscription@viol-secours.ch
Date: 6-7-8 novembre 2026 (l’engagement au cycle de trois séances de pratique est recommandé)
Horaire: vendredi de 18h30 à 19h45 et samedi/dimanche de 17h à 18h15
Prix: gratuit mais inscription nécessaire via le formulaire ci-dessous
Lieu: Espace Santé femmes* – Rue de Lyon 91 – 1203 Genève – 7ème étage
Matériel: des tapis de yoga et des plaids seront fournis, il est conseillé de se munir d’habits confortables et d’une bouteille d’eau
Mixité: Atelier en mixité choisie sans hommes cisgenres dyadiques*
*cisgenre dyadique : personne se reconnaissant dans le genre qui lui a été assigné à la naissance et dont les caractéristiques sexuelles correspondent à la binarité mâle-femelle.