Une femme de votre entourage a été victime d’une violence sexuelle récemment ou par le passé

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Etre victime d’une agression sexuelle constitue un événement traumatique grave qui porte atteinte à l’intégrité physique et psychique de la personne. Un tel événement risque de bouleverser sa vision du monde.

Elle peut éprouver, par la suite, de la difficulté à faire confiance à un homme, en particulier ou à une autre personne, d’autant plus si l’agresseur était une personne proche ou connue (ce qui est le cas dans la majorité des agressions sexuelles).

1. Comment l’aider ?

Le plus important est que vous soyez présent·e et que vous lui manifestiez votre soutien en l’écoutant, sans porter de jugements. Ne minimisez pas ce qui s’est passé. Si vous ne prenez pas au sérieux ses sentiments vous ne l’aiderez pas. Le déni peut être aussi destructeur que le traumatisme lui-même.

Respectez son rythme. Ne lui dites pas d’oublier ou de passer à autre chose. Une agression sexuelle ne s’oublie pas. Elle aura besoin de temps pour faire face à ce traumatisme et apprendre à vivre avec, en l’intégrant peu à peu à sa vie. Des souvenirs douloureux peuvent refaire surface à tout instant, des mois voire des années après.

Evitez de lui dire qu’elle aurait dû réagir autrement ou qu’elle ne s’est pas assez défendue. Elle a fait de son mieux dans sa situation. Chaque personne réagit différemment suite à une agression et le traumatisme sera plus ou moins important selon : son propre vécu, sa personnalité, les ressources et le soutien de l’entourage dont elle dispose.

Il existe des professionnel·le-s de la relation d’aide qui ont l’habitude d’entendre ce genre de vécu et qui sont justement formés dans ce domaine. Vous pouvez l’encourager à prendre contact avec eux, mais ne le faites pas à sa place. C’est à elle de décider si elle en ressent le besoin et à quel moment elle se sent prête pour cela. En effet, lors d’une agression sexuelle, la personne n’a pas pu garder le contrôle de la situation, il est alors important qu’elle puisse exercer à nouveau un contrôle sur ce qui se passe dans sa vie.

2. Reconnaître vos sentiments et vos émotions

Il n’est pas évident d’accepter que la personne agressée ne pouvait pas agir autrement dans sa situation. Son vécu peut aussi remettre en question votre propre sentiment de sécurité et modifier votre vision du monde.

Si vous êtes un homme, il peut être difficile d’admettre que d’autres hommes puissent avoir de tels comportements. Cela peut vous renvoyer une image négative de la masculinité.

Etre confronté-e au vécu traumatique d’une femme ayant été victime d’une agression sexuelle peut aussi s’avérer difficile à gérer émotionnellement.

Dans cette situation, il est très fréquent d’éprouver des sentiments tels que :

  • de la colère ; face à l’agresseur, mais aussi envers vous-même parce que vous n’avez pas pu éviter ce qui lui est arrivé
  • de la culpabilité
  • de l’impuissance
  • du désarroi
  • de l’injustice
  • de l’incompréhension face aux réactions de la personne que vous aimeriez aider.

3. Reconnaître vos besoins

Il est important que vous preniez aussi soin de vous.

Certaines choses peuvent être trop difficiles à entendre pour vous, ceci est légitime. Vous pouvez le lui signifier. Etre dans la confidence d’un tel événement n’est pas facile à assumer seul-e.

Les associations d’aide aux victimes reçoivent généralement aussi les proches. Si vous ressentez le besoin de parler et d’être soutenu-e, n’hésitez pas à prendre contact avec l’une d’entre elles.

Partenaires

Partenaires : (ce qui est décrit plus haut est aussi valable dans votre cas)

Une agression sexuelle a une incidence sur la relation du couple à plusieurs niveaux :

4. Intimité

Il peut être difficile pour une femme agressée sexuellement d’établir des relations intimes.

Votre partenaire peut craindre : l’intimité, la perte de la maîtrise de sa situation et de ses sentiments et émotions. Elle peut aussi avoir honte de révéler ce qui lui est arrivé.

5. Sexualité

Une agression sexuelle va porter atteinte à l’identité sexuelle, à la féminité et au désir de la femme. Elle renvoie à l’impuissance et à la négation de soi comme une personne ayant des désirs et une sexualité consentie.

Par conséquent, votre partenaire peut ressentir entre autre: une perte de plaisir, de l’anxiété lors des rapports sexuels, de la culpabilité, peur de ne plus donner du plaisir ou au contraire d’en éprouver, peur de ne plus être maîtresse de son propre corps.

Certaines femmes vont présenter une hyperactivité sexuelle pour se rassurer, alors que d’autres vont au contraire totalement inhiber leur sexualité.

6. Reconnaître vos sentiments et vos émotions

Vous pouvez vous en vouloir parce que vous n’avez pas pu protéger votre partenaire.

Vous sentir impuissant·e parce que seul-e vous ne pouvez pas l’aider à aller mieux.

Ressentir de la jalousie. Même si cela peut sembler paradoxal, certain·e·s partenaires se sentent parfois trahi·e·s. L’expérience et les réactions de votre partenaire peuvent aussi influencer votre propre désir sexuel et perturber votre virilité si vous êtes un homme.

7. Reconnaître vos besoins

Il est important que vous puissiez reconnaître vos sentiments et exprimer vos propres besoins.

Parlez-en avec votre partenaire et indiquez-lui où se situent vos limites.

Si vous vous sentez affecté-e dans votre estime de vous-même , essayez de parler à une personne de confiance qui pourra vous apporter de l’aide en dehors de votre relation (ami-e, professionnel·le de la relation d’aide, groupe de soutien), afin de pouvoir aussi décharger vos sentiments.

Si vous ne prenez pas soin de vous, vous risquez de vous épuiser sur le long terme et cela n’aidera pas votre partenaire. Rappelez-vous que vous n’êtes pas responsable de sa reconstruction.

Etre le/la partenaire d’une femme ayant été agressée sexuellement peut rendre la relation de couple plus difficile. Mais si vous réussissez à surmonter ensemble « cette épreuve », vous en sortirez aussi grandi·e·s et plus fort·e·s.

Pour la survie de votre couple, il est aussi important de parler d’autres choses, de faire des activités divertissantes et de ne pas rester focalisé sur l’agression sexuelle.