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Qui sommes-nous

Viol-Secours est une association féministe genevoise à but non lucratif reconnue d’utilité publique qui lutte contre les violences sexistes et sexuelles au niveau social, politique et judiciaire depuis 1985. Elle offre aide et soutien, par le biais d’un accompagnement psychosocial et art-thérapeutique gratuit et confidentiel, à toutes les personnes se reconnaissant dans l’identité « femme », aux personnes trans*, non-binaires et intersexes, dès 16 ans et indépendamment de leur orientation romantique et sexuelle et de leur statut légal, ayant subi des violences sexistes et sexuelles dans un passé proche ou lointain. Elle reçoit et conseille également les proches des personnes victimes ainsi que les professionnellexs. D’un autre côté, elle œuvre dans la prévention des violences sexistes et sexuelles par le biais d’interventions dans des institutions, de modules de formation et de sensibilisation, de campagnes de prévention et de stages d’autodéfense féministe.

Nos missions

Selon les statuts de l’association, Viol-Secours a pour but de lutter contre tous les types de violences sexistes et sexuelles, qui peuvent être, entre autres, des abus subis dans l’enfance, du harcèlement sexuel au travail ou dans la vie privée, des violences sexistes et sexuelles commises par des professionnels, des viols et des agressions à caractère sexuel subis à l’âge adulte.

Viol-Secours développe deux axes d’intervention interdépendants

  1. L’aide et le soutien à toutes les personnes se reconnaissant dans l’identité « femme », aux personnes trans*, non-binaires et intersexes, indépendamment de leur orientation romantique ou sexuelle et de leur statut légal, dès 16 ans ayant subi des violences sexistes et sexuelles dans un passé proche ou lointain, ainsi qu’à leurs proches.
  2. La mise sur pied et la gestion de différents projets de prévention afin de limiter l’incidence de ces violences.

Viol-Secours cherche à atteindre ces buts notamment par : une permanence téléphonique et par mail, un site internet et une présence sur les réseaux sociaux, des entretiens individuels de soutien psychosocial, des groupes de parole, des stages d’autodéfense féministe, une expertise dans le domaine des violences sexistes et sexuelles, des interventions dans les médias, des rencontres publiques et toute autre activité allant dans le même sens.

Comité et équipe professionnelle

Le comité de l’association élu lors de l’Assemblée générale 2021 est composé des personnes suivantes:

  • Clara Schneuwly, présidente
  • Hélène Upjohn
  • Alix Heiniger
  • Stéphanie de Moerloose
  • Caroline Renold
  • Alex Bono
  • Laetitia Carreras

L’équipe professionnelle de l’association est, quant à elle, composée de quatre permanentes psychosociales, d’une permanente administrative et prévention et d’une coordinatrice d’autodéfense féministe.

Historique

En 1985, des militantes féministes fondent Viol-Secours pour soutenir, informer et accompagner les femmes victimes de viols et d’agressions sexuelles et sensibiliser le public sur les violences sexistes et sexuelles. La création de l’association s’inscrit dans la continuité de la mobilisation du Comité contre le viol en 1981, après les viols subis par deux femmes dans le squat de Pré-Naville par onze hommes, membres d’un groupe d’extrême droite. Le Comité dénonce le traitement réservé aux deux femmes par la police et les institutions judiciaires, organise des actions dans la rue et se fait entendre dans la presse. Il met un terme à ses activités en 1984. Des militantes créent alors une permanence téléphonique anonyme et confidentielle pour offrir une écoute et un soutien aux femmes ayant subi des violences sexuelles. L’association critique la définition du viol dans le Code pénal et dénonce les inégalités de genre et le sexisme comme causes structurelles des violences. Elle développe une analyse féministe qui nourrit à la fois le soutien personnel et les actions de prévention.

Au cours de son existence, Viol-Secours s’engage dans une série de mobilisations contre différentes formes de violences sexuelles et sexistes. En 1987, elle participe au Comité contre le Harcèlement sexuel qui gère une permanence spécialisée au Centre femmes un soir par semaine. Le Comité soutient des femmes dans leurs démarches devant les institutions judiciaires et déploie une série d’actions pour faire connaître la problématique et sensibiliser le public.

Dans les années 1990, Viol secours développe des activités de prévention autour de la pornographie et de la publicité sexiste, deux thèmes importants pour les féministes des années 1980 déjà, en montrant comment ces dernières participent à faire du corps des femmes un objet sexuel et favorisent les violences. Elle initie un travail spécifique sur la publicité sexiste par le biais d’ateliers dans les classes en 2005.

Depuis le début des années 1990, des cours d’autodéfense féministes selon la méthode Fem Do Chi existent à Genève grâce à l’engagement de permanentes de Viol-Secours formées à Paris. À la dissolution de l’association qui gérait les cours en 2005, Viol-Secours en reprend la gestion, car ceux-ci sont considérés comme un outil très important de prévention primaire et secondaire. Plus récemment, l’offre d’autodéfense féministe s’est élargie à d’autres méthodes destinées à un public plus large, notamment des cours pour enfants en collaboration avec le DIP.

En 2003, en collaboration avec Solidarité Femmes et Le 2e Observatoire, Viol-Secours participe à la production du film de Carole Roussopolos et Véronique Ducret « Viol conjugal, viol à domicile » (https://www.2e-observatoire.com/viol-conjugal-viol-a-domicile/).

Après un changement de statuts en 2005, deux hommes rejoignent le comité.

En 2016, l’association décide d’ouvrir explicitement la permanence aux personnes trans*, intersexes, non binaires et aux femmes, quelle que soit leur sexualité ou leur orientation amoureuse. Elle se dote de nouveaux outils en participant à une recherche partenariale avec deux chercheuses de la Haute-Ecole de Travail Social de Lausanne.

Après des difficultés financières importantes, Viol-Secours parvient à obtenir une augmentation de sa subvention de la part de l’État de Genève et une subvention ordinaire de la Ville de Genève, depuis 2020.

Aujourd’hui, l’association fonctionne en cogestion avec une équipe professionnelle et un comité bénévole. Elle gère toujours la permanence téléphonique et par mail, ainsi que les accompagnements individuels. Elle poursuit des collaborations avec des entités associatives et publiques dans le cadre de campagnes de prévention ou d’actions politiques pour déconstruire les stéréotypes de genre liés aux violences et lutter contre ces dernières dans une perspective féministe.

Références

  • Barone, Anne-Marie, Véronique Ducret
    Quand les femmes ont dit basta. Premières luttes contre le harcèlement sexuel au travail à Genève, Genève.
  • Ducret, Véronique, Pauline Delage, et Marylène Lieber
    « Violences sexuelles à l’encontre des femmes. De la dénonciation à la prise en charge institutionnelle à Genève », Cahiers du Genre, vol. 66, no. 1, 2019, pp. 91-107.
  • Emery, Pauline
    L’affaire de Pré-Naville. Politisation d’une affaire de viols à Genève 1981-1983, Mémoire de bachelor en Histoire générale, Université de Genève, Genève, 2021.

rapports d’activités annuels de Viol-Secours